Rafic
Charaf
I- Introduction:
Born in Baalbeck in 1932, Rafic Charaf took up painting as a hobby
but then enrolled in the Lebanese Fine Arts Academy. In 1955, he
obtained a scholarship from the Spanish Government to continue his
studies at the Academie Royale San Fernando in Madrid; in 1961,
it was the Italian Government which provided him with a further
scholarship to the Pietro Vanucci Academy. He has exhibited his
works at numerous exhibitions in Lebanon and abroad, receiving the
National Education Ministry's first prize in Beirut in 1959.
"Escaping
by intrepid jaunts over vast areas in order to reach the tradition
of ousted homeless pirates and lofty customs. With water bedizened,
gardens anticipated at the indeterminate, contrasts brought out
immaculate from a perspective that bathes in a demonstrative stirring
of contingencies. An inexhaustible traveler in search of wrecked
sunken galleys that are surrounded by legendary reunions of historical
identification. On the trajectory of the enigma of alternating rebirths,
on the shadowy path in a sharpened silence, a bird in his motionless
adventure at the doorway of the authentic and close by the unexpected,
he will return to trace our thoughts, touch our look till it burns.
Digging down to reach the old wall of resources, in that postponed
substitution of time at the filming of myths, an impetuous dimension
and the black bird plunges back down onto your breast, seizes you
at unexpected random, lying in wait for your destiny."
Hoda
Adib
II- Expressionniste
(par Joseph Sokhn – Couleurs Libanaises)
Depuis une vingtaine d'années, les milieux artistiques libanais
déploient une intense activité dans tous les domaines
de l'art moderne. Ils s'efforcent, notamment, de forger un nouveau
style pour exprimer une nouvelle sensibilité et un genre
de peinture abstrait et figuratif pratiqué par jeunes artistes
de plus en plus nombreux.
Vie et Enfance
La vie du jeune artiste Rafic Charaf est marquée d'une touche
de fantaisie. Ses toiles frappent surtout par leur côté
humain. Nous découvrons également à travers
son œuvre, l'estime qu'il porte à la classe pauvre rejetée
par la société. Sans doute cela est du au climat familial
et social dans lequel il a vécu et grandi.
Rafic Charaf est né à Baalbek le 5 Août 1932
au sein d'une famille pauvre modeste. Son père, âgé
de 64 ans, est un forgeron. Il est le plus populaire et le plus
estimé de la région de Baalbek.
En outre, il est le chef d'une famille composée de quatre
garçons et de deux filles. L'enfance mouvementée de
Rafic Charaf, son humanisme et sa sensibilité sont à
l’ origine de son style et de sa renommée. Cependant on ne
saurait oublier ses dons intellectuels brillants. Sa vocation artistique
est sincère et profonde.
Jusqu'à l'âge de 17 ans, Rafic ne se sépare
point de sa famille. Il vit à part de ses frères et
de ses sœurs, ne se prête a aucun de leurs loisirs. Il vagabonde
en solitaire à travers la plaine de la Bekaa, explore tout
ce qui tombe sous sa vue, observe la vie des paysans et leurs gestes.
Il lui arrive souvent de dessiner sur les murs des ruelles de sa
ville natale.
A dix ans il était déjà considéré
comme le jeune peintre de Baalbek.
A l’école de la localité, qu'il fréquente,
il se montre soucieux de la discipline. Avec quel soin, quelle délicatesse
cet adolescent ne dessine-t-il pas des colonnes ou des chiens de
chasse qu'il offre à son professeur ou à ses camarades
les plus intimes. Il dessine même beaucoup. Des villageois,
des mendiants et parfois des bédouins.
Rafic Charaf à l'Académie des Beaux-Arts de
Beyrouth.
En 1952, Rafic Charaf quitte pour la première fois, le toit
paternel et sa ville bien-aimée Baalbek, et s'installe à
Beyrouth. Devant ce monde nouveau qui se révélait
à lui, notre jeune peintre demeure rêveur et observateur.
Il est toujours aussi ouvert, aussi curieux et aussi vagabond. Son
amour pour la classe pauvre et les misérables n'a nullement
diminué. Au demeurant a-t-il tellement changé à
Beyrouth. Les mêmes idées continuent de le ronger,
il est toujours aussi énergique et aussi passionné
pour le dessin et la peinture.
L'entrée de Rafic Charaf à l'Académie des Beaux-arts
de Beyrouth, l'oriente définitivement vers ce monde merveilleux
auquel il ne cesse de rêver, qui est la peinture.
A partir de 1952 il prend ses responsabilités. Laborieux,
Ponctuel et sérieux, Rafic est un étudiant modèle.
Les cours qu'il suit et ses activités académiques,
ne l'empêchent pas de visiter les différents salons
de peinture de la ville.
Les vieilles ruelles de la capitale et les anciens souks l'intéressent.
Il interroge, Parfois, les marchands ambulants et les garçons
portefaix. Il admire tout, analyse, scrute. Rien de ce qui touche
à l'art ne lui est indifférent. Dès son entrée
à l'Académie libanaise des Beaux-arts, il sent un
impérieux besoin de peindre et d'arriver à une plus
grande connaissance de son métier. Il peint beaucoup et travaille
assidument chacune de ses toiles.
Suffisamment varié dans ses types, et d'un crayon plus aigu
dans le détail et par moment plus patient et plus raffiné,
Rafic Charaf obtient en 1956, le premier prix de peinture du ministère
de l'Education Nationale et des Beaux Arts. Parmi les œuvres exposées,
« Le jeune Mendiant », toute particulièrement
émouvante. Dans « Le Forgeron », par exemple,
qui exprime une admiration sans borne à son père,
la lumière joue dans des tonalités extrêmement
réduites, Il s'agit là d'une toile remarquable susceptible
d'être comparée aux œuvres des plus grands expressionnistes...
Rafic Charaf à Madrid
En 1956, Rafic Charaf bénéficie d'une bourse de trois
ans de spécialisation à l'Académie des Beaux-arts
de Saint Fernando à Madrid, accordée par le Chef de
l'Etat Espagnol. Notre artiste étudiera en Espagne les œuvres
exposées dans les musées et fera de grands progrès.
L'Espagne étant un pays très riche en trésors
artistiques. Le séjour espagnol de Rafic Charaf, fut des
plus enrichissants. Il l'aida à trouver son propre style.
En trois ans, il exposa à trois reprises à la Galerie
Royale de Madrid. Ses toiles font excellente impression.
Ce qui parait surtout digne d'être noté au sujet de
notre jeune peintre expressionniste, c'est la faculté de
renouvellement qu'il possède à degré élevé.
A Baalbek
Après son retour de Madrid, Rafic Charaf s'installe de nouveau
à Baalbek. Il y poursuit ses activités artistiques.
Son admiration pour sa ville natale s'accroît de plus, et
il peint constamment. On le voit observer, réfléchir,
se livrer à des contemplations sans fin et surtout dessiner
des portraits des habitants de sa ville natale. Dans l'acropole
de Baalbek, lors du Festival International, il expose des dizaines
de toiles qui annoncent l'expressionnisme libanais. Mais l'étonnant
dans l'art de Rafic Charaf c'est en plus de la vivacité de
sa touche, le don de vie qu'il sait insuffler à ses personnages
peints avec une étrange expression, qu'il s'agisse de nomades
ou d'habitants de la ville de Baalbek.
Apôtre de l'expressionnisme, ce jeune artiste, ne s'est jamais
plié, même dans son enfance, à une règle.
Son ambition est de créer et d'exposer. On l'a surnommé
le peintre des paysans et de la misère. Ce petit monde lui
plait et il est sincère quand il étudie, à
travers ses toiles, les habitants de sa région, leurs mœurs
et leur manière de vivre, en un mot, son enthousiasme embrasse
tout ce qu'il voit.
A Beyrouth en 1962
Rafic Charaf revient définitivement à Beyrouth en
1962. Il a trente ans. Avec sa taille élancée et ses
cheveux blonds, il se dégage de lui une impression de force
et d'ambition; il peut déclarer:
« J'espère vivre de mon art sans jamais m'éloigner
de principes, que je me suis fixés, sans jamais me mentir
un seul instant à moi-même ni à ma conscience
». A Beyrouth, Rafic Charaf a beaucoup plus de travail qu'à
Baalbek, dessinant continuellement et employant ses heures de promenade
et de loisir à la peinture. Tout l'intéresse dans
le spectacle qui lui offrent les vieux souks de la Capitale dont
il subit le charme particulier. Il prépare sa grande première
exposition. Elle sera suivie de vingt-deux autres. Toutes donnent
l'occasion au public de constater combien l'expression peut avoir
de l'importance dans l'œuvre d'un peintre.
Rafic Charaf participe et continue de participer à la plupart
des expositions officielles de l'Etat, au Liban et à l'étranger:
Biennales de Venise, de Paris, de Sao-Paulo, de Moscou, de Tokyo,
de Sofia et de Vienne. Ses toiles représentent une série
de thèmes expressifs et originaux typiquement libanais (Types
humains, Bûcherons, cultivateurs.
En 1963, il remporte le prix de l'Ile de France pour son meilleur
tableau intitulé « Suicide ». Cette merveilleuse
toile, à caractère symbolique, eut un succès
retentissant. Elle représente un pélican tué
à l'intérieur d'une grotte, elle est liée à
l'état d'âme de l'artiste, à ses angoisses et
a ses découvertes, comme à la vie.
Rafic Charaf et la vie populaire
Abandonnant le style figuratif et expressif, Rafic Charaf aborda,
à partir de 1964, un nouveau style et des thèmes typiquement
orientaux concernant des héros légendaires tels que
Antar, Abou Zeid Al-Halali et d'autres…
Il concentrera ses efforts sur cet élément nouveau
entré dans sa peinture. Cette peinture témoigne d'un
goût très sûr et d'une connaissance approfondie
de la littérature jahilite et de la vie des tribus dans le
désert. Le visage de Antar peint d'un pinceau alerte, est
légèrement transformé par le temps, tandis
que les traits de Abou Zeid sont assez torturés et les joues
suffisamment creusées. Rafic Charaf sait donner aux scènes
de la vie du peuple et notamment des habitants de Baalbek une intensité
dramatique. Sa ville natale, lui a inspiré un grand nombre
de ses œuvres qui témoignent de ses sentiments profonds et
de sa psychologie. (Les ‘Abbadaies’ de Balbek).
Rafic Charaf en Europe
Notre peintre a effectué plusieurs séjours à
l'étranger: En France, en Espagne, en Italie, en Allemagne,
en Angleterre et en Hollande. Que de fois n'avait-il rêvé,
alors qu'il était à Baalbek, de voir d'autres pays
et de connaître d'autres sites et surtout de nouveaux visages.
Son rêve le plus cher se réalise et durant deux ans,
il avait pu, à sa plus grande joie, se tremper dans les milieux
artistiques.
Parmi les toiles qu'il a le plus admirées:
« L'Enterrement à Ornans (Courbet, Musée du
Louvre)
« La Laveuse » DE Daumier (Louvre). « Prière
au jardin des Oliviers » (Goya à Madrid). « Portrait
de Madame de Récamier » de David (Louvre) « La
Chapelle Sixtine » Ingres (Rome). « Barque de Dante
» de Delacroix (Paris). « Le Sultan du Maroc »
de Delacroix (Madrid) et enfin: « Prise de Constantinople
» (Louvre) et « L'Homme à la Pipe à Montpellier
».
Conclusion
Rafic Charaf nous communique à travers ses toiles et ses
nombreuses expositions, des accents hautement sophistiqués
de l'expressionnisme. Avec un minimum de couleurs plates, il crée
une harmonie et un ordre. En outre, Charaf a parfois des angoisses
sans causes apparentes; on sent qu'il voit, qu'il souffre, à
travers ses beaux tableaux, avec la classe pauvre et les malheureux,
et ceci enrichit son œuvre touchant le thème de la vie populaire,
d'une multitude de variations auxquelles il consacre le meilleur
de son talent. Quant à ses personnages, ils sont une création
propre à lui et forment un monde éminemment vivant
et révélateur.
Rafic Charaf est, sans conteste, le maître de l'expression
nouvelle de la peinture libanaise.

Migrating Oil 62 x 75 cm, Collection Hatem
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