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Marie Hadad (1895 - 1973)

Biography (English):

Born in Beirut, Marie Hadad was popular in Parisian artistic circles as early as 1933. The French government acquired her painting, "Lebanese Highlander" for the Jeu de Paume museum. Since then, her reputation and celebrity were established; she was highly praised by the well-known 20th century critic Louis Vauxcelles and she secured for herself a mention in Bénézit. She exhibited her works in the Paris Salons d'Automne until 1937, took part in the 1939 New York World Fair, in the Cleveland (Ohio) International Exhibition in 1941, and in the same year was represented at the Harvard University Museum exhibition. Her artistic consecration was, however, mainly shared between Paris and Beirut.

To Western eyes, Marie Hadad was the symbol of an oriental exoticism, transposing through paint the picturesque regions of Lebanon under their brilliant indigo skies: the arid mountains with their sheer precipices and steep slopes, their winding rocky paths and forests thick with giant pine and evergreens and the majestic cedars sung by Lamartine... A close observer of nature and an admirable colorist, she leads us through fields of juniper or pomegranate trees to the villages of Achkout or Makin, to the labyrinth of Beirut's old souks, all imbued with that freshness and crispness of the Mediterranean.

Still more touching are her portraits of Lebanese peasants: highlanders whose fierce stubborn eyes flash with dark lightning, rough-complexioned fellaheen wearing the fez, Bedouin women with their turbans above the full tattooed foreheads, vivacious young nymphs whose perfect oval faces are tanned brown as a berry. There are, too, her sprightly little velvet-eyed urchins, their bodies burned to bronze, who resemble "small wild animals" in the saucy malice and barefaced impudence of their look.

Says Louis Vauxcelles: "It is into this mysterious world, cradle of the most ancient of civilizations, that Marie Hadad allows us to penetrate"

About art, Marie Hadad noted: "Art colors our lives and enlightens us with beautiful illusions." by M. Joakim

The late Marie Chiha Hadad was born in 1889 in Beirut, Lebanon to a prominent family of bankers. She completed her education in 1908 at the exclusive French school 'l'Ecole Des Dames De Nazareth,' where she studied the work of the French masters in both literature and arts. Marie Chiha was married to Georges Hadad in 1916. The couple had three daughters, Magda (1918 - 1945), Andree (1919 - 1995) and Zeina (1922-).

In the early 1920's, Marie Hadad began painting for her own pleasure since it was not proper for Lebanese girls to undertake any manner of work. She had some art training in 1924 and 1925 with the French artist, Kober, who had an art school in Beirut. Subsequently, in 1930 she began exhibiting her art in Beirut and quickly became famous for her enduring and passionate portraits of bedouins and Lebanese highlanders. She truly earned her nickname of "the bedouin's artist"

In 1933, her friend Le Comte De Martel, French Ambassador to Lebanon, invited Marie Hadad to show her work in Paris. Hadad was the first and only Lebanese artist to be admitted at 'Le Salon d'Automne Du Grand Palais' in Paris from 1933 until 1937.

Her first solo exhibition was held at Georges Bernheim Gallery in 1933 where she continued to exhibit every year until 1940, the beginning of World War II. In fact, the French government acquired two of her portraits. The artist also exhibited in London and New York and took part in the New York World's Fair of 1939 and the Cleveland International Exhibition of 1941.

Hadad was also a proficient writer; in 1937 she published a collection of short stories entitled "Les Heures Libanaises" in which many of her paintings are reproduced.

Marie Chiha Hadad was a leader and pioneer in the Lebanese art circle and headed the "Association des Artistes du Liban." Her salon was famous as a meeting place for Beirut's intellectuals and artists. In 1945, while the world celebrated the end of the war, Marie Hadad endured the tragic death of her daughter Magda. This marked a turning point in her life. She abandoned her painting and went into seclusion until her death in 1973.

M. Joakim

The name of Marie Cheeha Hadad came to fame between the years of 1933-1940. In 1933, the London Daily Mail Newspaper of the Conservative Party, wrote: “The paintings of this artist were so beautiful and lifelike that if given the ability to speak, they would have. Many artists tried to study at length the light reflections or the still-life samples for people. The paintings reflect the Syrian skies drowning in twilight colors, its mountains, pine forests, orange trees, and its large cedar forests that Lamartine admired. Le Petit Parisien, a French Newspaper, wrote on the 21st of December of the same year: Madame Hadad forces her personality through her art and leaves one of her paintings to the village of Ashqoot as a token of her passion and love.”

In French - En Français

Dès 1933, Marie Hadad est accueillie avec enthousiasme dans le milieu artistique parisien ; L'Etat français lui achète, pour le Musée du Jeu de Paume, son "Montagnard Libanais". Depuis, sa célébrité et sa notoriété sont allées de pair jusqu'à figurer dans le Bénézit. Elle a exposé ses oeuvres au Salon d'Automne jusqu'en 1937, prit part à la New York World's Fair (1939), à l'International exhibition de Cleveland (Ohio) en 1941, et à la même année au Musée de l'Université à Harvard. Mais sa consécration artistique fut partagée entre Paris et Beyrouth.

Marie Hadad, fut pour l'Occident le symbole d'un exotisme oriental traduisant par la peinture les régions pittoresques du Liban, brillant sous un ciel indigo, les montagnes arides aux pentes abruptes et escarpées, aux sentiers tortueux et rocailleux, les forêts touffues de pins géants et de thuyas, les fameux cèdres majestueux tant chantés par Lamartine... Avec une observation aigue de la nature, en coloriste admirable, elle nous emmène à travers les champs de genévriers, de câpriers ou de grenadiers, vers le village de Achkout et de Makin, dans les dédales du vieux souk de Beyrouth nous pénétrant de cette fraîcheur méditerranéenne...

Plus touchants encore sont ses portraits d'indigènes libanais, montagnards aux yeux têtus et farouches, brillant d'un éclat sombre, Fellanines au teint mat coiffés du Tarbouch, bédouines enturbannées au front bombé tatoué, jeunes hauranaises enjouées au visage hâlé d'un ovale parfait. Quant à ses petits gamins au torse couleur bronze, aux yeux veloutés, pétillants de vie, ils ressemblent à des "petits animaux sauvages" par leur regard effronté, insolent, espiègle et malicieux.

"C'est en ce monde mystérieux, dit Louis Vauxcelles, berceau des plus antiques civilisations, que nous fait pénétrer Marie Hadad"

Lamia Chahine

Michel Fani, Dictionnaire de la peinture au Liban, Editions de l’Escalier, 1995.

Ecrivain et peintre d'éducation française, Marie Haddad publia un recueil de contes, Les Heures Libanaises, et exposa à Paris, en 1933 à la galerie Georges Bernheim et du 16 mai au 10 juin 1937 à la galerie Rotgé. Elle a participé aussi à la Foire internationale de New York, en 1939, et à l'Exposition internationale de Cleveland, aux Etats-Unis.

Née à Mekkine (Liban) en 1889, elle fut l'un des meilleurs représentants de la culture libanaise des années trente et quarante, telle qu'elle s'élaborait dans la recherche de l'identité et de formes spécifiques. Il y a chez elle une manière abrupte de peindre en allant directement à la construction du tableau, un travail du motif raidi parfois par la stylisation nécessaire pour ne pas déséquilibrer l'attaque première, mais aussi la sensibilité aux moindres détails.

Peut-être n'y avait-il pas d'autre possibilité pour aller directement à la peinture libanaise que le motif, puisqu'il lui semblait qu'il fallait parer au plus pressé et qu'en l'occurrence, le plus pressé était de voir ce qu'il y avait autour de soi. La moitié de la démarche de la peinture consiste à comprendre cela. Cette peinture libanaise fut-elle influencée, chez Marie Haddad, par ce que le public français imaginait que dût être une peinture libanaise? Son tempérament, sa sincérité, les moyens picturaux qu'elle se donna devaient contrebalancer la facilité et la trompeuse attente du public au départ. Pour elle, écrire et peindre n'étaient pas une revendication, mais la construction consciente d'une réalité fortement vécue et transmise sans psychologie.

Préexistante, la charpente forte et massive enlève toute suavité à sa manière de marquer l’éloignement du réel par une pratique décalée de la technique picturale appliquée à tous les sujets qu'elle entreprit de peindre. Folklorisme et anecdote disparaissent donc de ses toiles de paysages et de Bédouines. Farroukh, sans relever lui non plus de l'anecdote, abordait les mêmes sujets de la même manière, mais dans une optique plus liée à la situation de la peinture libanaise, à sa formation culturelle et à son fond socio confessionnel. Pendant toute la période du Mandat français, il semblait aller de soi que l'on ne pouvait peindre que pour donner une image. Il fallait bien fournir une image de soi à cet Autre, présent dans le pays, qui y usurpait toutes les images possibles et, à la limite, était mandaté pour vous en fabriquer une.

Marie Haddad a été aussi importante, au niveau intellectuel, dans la mise en place de la peinture libanaise que Farroukh, Onsi et Gemayel. Elle appartient à cette génération de femmes, toutes élèves de Kober dans les années trente, qui s'imposèrent dans la lecture du réel par une force étonnante. A partir des années quarante, elle se marginalisa en entrant dans l'orbite d'une secte libanaise, le dahéchisme, à laquelle elle consacra son temps, ses moyens et ses travaux, traduisant de l'arabe en français poèmes et textes de Dahech, fondateur de la secte. Soeur de Michel Chiha, proche du Président de la République Béchara el Khoury, elle combattit publiquement ce dernier en publiant livres et opuscules et en prenant position pour le fondateur de la secte que le pouvoir avait déchu de sa nationalité libanaise.

Une grande partie des écrits de Marie Haddad, notamment un très important journal, des archives, dessins et toiles, furent déposés à New York après sa mort, le 1er Janvier 1973. L'arrière-plan familial fut très important chez elle, du fait de l'implication de Michel Chiha dans la vie culturelle et politique du Liban. Il est évident qu'elle trouva en Dahech la figure antinomique non de son mari, dahéchiste convaincu, mais de son frère.

Si, au début des années trente, elle fonctionna à Paris comme la représentante d'un pays sous mandat, ne fut-elle que cela? Sa forte volonté d'émancipation n'était pas uniquement liée à la force de la touche picturale et au désir d'appropriation du réel. Au-delà de la peinture, elle se reliait à toute la structure sociale de l'époque. Elle voulait aller plus loin ou, peut-être, avait besoin de plus de poésie. Elle a dit combien la société beyrouthine était vaine face aux tours de passe-passe d'un magicien oriental de métier, Dahech, qui la remettait d'un seul coup en question.

Cherchait-elle une vérité de l'illusion? Dahech n'était pas une métaphore, mais il lui fit clairement comprendre qu'il lui fallait contrecarrer cette société illusoire par sa propre vérité. Son caractère faisait qu'elle ne payait pas de mots. Elle fit venir Dahech auprès de Bechara El Khoury pour soigner sa dépression nerveuse, et il tenta aussi de soigner Michel Chiha.

Seuls, la publication du journal de Marie Haddad et un travail biographique détaillé pourraient permettre de placer en perspective son action et de dégager ce qu'elle eut de profondément révélateur quant à la construction de la société libanaise.

►► Some of the artist's Artwork
►► Marie Hadad as Poet (Les Heures Libanaises)


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