Beyrouth
- Une vrai mine d'art - Paris Match - Juillet 2012
Avec
la 3e édition de Bierut Art Fair, le Liban entend à
nouveau briller sur la scène internationale. Par Elisabeth
Couturier
Petit, le monde de l'art?
Plus vraiment. La mondialisation a élargi le paysage artistique
international. Après Paris, Londres ou New York figurent
Hongkong, Shanghai et Dubai. D'autres veulent en être. C'est
le cas de Beyrouth qui, quarante ans après la guerre, tente
de réaffirmer son rôle de capitale culturelle et intellectuelle
qui fut longtemps sa marque.
Aujourd'hui, elle fait
face à la concurrence des émirats voisins. Ses atouts?
Son ambiance électrique et le vent de liberté qui
souffle dans cette région du monde. Des buildings, aux façades
criblées par les balles et qui ont échappé
au programme de reconstruction, rappellent à tous qu'il faut
vivre à fond le moment présent.
Une émulation
contagieuse qui, dans une ambiance festive où l'argent coule
à flot, sert d'aiguillon aux esprits aventureux. Les créateurs
y sont rois et font bouger les choses. Le couturier Elie Saab, le
bijoutier Selim Mouzannar ou la designeuse Nada Debbs ont su s'imposer
à l'international en proposant une autre vision du clinquant
oriental.
Beyrouth attire de nombreux
artistes de la nébuleuse dite du ME.NA.SA. (Middle East,
North Africa, South Asia), l'étiquette donnée par
le marché à la nouvelle scène artistique correspondant
à une vaste zone géographique et reliant le Maroc
à l'Indonésie. Un croissant fertile avec de riches
collectionneurs. Une nouvelle plate-forme pour des talents émergents
tels le Libanais Ayman Baalbaki, le Marocain Mohamed El Baz ou la
Franco-Algerienne Zoulikha Bouabdellah.
ME.NA.SA. remet en lumière
des œuvres plus anciennes comme celles des artistes décédés
Paul Guiragossian ou Shafic Abboud, et dont l'œuvre bénéficie
d'une importante rétrospective au Beirut Exhibition Center.
A l'honneur, aussi, Marwan Kassab Bachi, 78 ans, peintre figuratif,
la sculptrice Saloua Raouda Choucair, 96 ans, et Chaouki Chamoun,
70 ans, qui s'exila à New York et dont les toiles battent
des records chez Christie's à Dubai.
Une effervescence
ayant contribué, en 2008, à la création de
la Beirut Art Fair dirigée par Laure d'Hauteville et Pascal
Odille, qui ont conçu une manifestation mêlant volet
commercial et programme culturel.
Côté business, une quarantaine de galeries d'art moderne
et contemporain, venues de treize pays, ont répondu présent.
Côté réflexion, des mini-expositions et des
tables rondes évoqueront les spécificités de
la création made in ME.NA.SA.
Les jeunes artistes
libanais y font figure de fer de lance. Leurs œuvres sont souvent
hantées par les épisodes tragiques de leur histoire
et par les questions d'identité.
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